Au Moyen Âge, la tour des abbés est la demeure de Pierre de Canilhac, abbé de Montmajour. Ses armoiries, visibles sur une des voûtes de la tour sont à l’origine du blason actuel de Fontvieille. Construite autour du XIVe siècle, elle est décisive dans le développement du premier bourg qui s’étend ensuite vers le centre historique que l’on connaît aujourd’hui. Au XVe siècle, un château est accolé à la tour : il va rapidement devenir la résidence du receveur général, administrant les revenus du monastère et exerçant la justice dans la «salle du conseil». Vendue comme bien national à la Révolution, inscrite à l’inventaire des monuments historiques en 1927, elle est enfin rachetée en 1958 par le peintre Carl Liner qui la restaure. Cédée à la commune par Mme Catherine Liner-Ruf, ce lieu devrait prochainement faire l’objet d’une étude complète en vue de sa restauration et de sa sauvegarde.
Dans Numa Roumestan, Alphonse Daudet décrit le « Valmajour » sans aucun doute inspiré de l’abbaye de Montmajour et de la tour Pons de l’Orme :
« Cette tour ruinée et roussie, là-haut, datait de l’invasion sarrasine, moins vieille encore que l’abbaye dont on apercevait, tout auprès, un pan de mur à moitié croulé, percé sur le bleu d’étroites fenêtres alignées et d’un large portail en ogive. (…) Il remarquait, en passant, que dans les plus beaux sites la vie friande et recueillie des couvents s’était installée, planant, rêvant aux sommets, mais descendant lever la dîme sur tous les biens de nature et les villages environnants.»
Parcours : Fontvieille au temps de Daudet
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